Analyse d'une belle plainte
Cet analyse est une ÉBAUCHE, elle n’est pas terminée
Avant de lire cet article, je vous recommande de lire la plainte ici décrite
Le 26 mai 2026 au matin, sort une plainte d’une longueur de plus de 42 mille caractères. Naviguant entre arguments et divagations, celle-ci déroule un tapis rouge pour arriver à l’argument final. Dans cette étude, il s’agira de voir comment la plainte écrite par la Plèbe omnicoureuse frappée de la Sebaatite prépare, de manière détournée, un chemin pour assumer son exigence finale de manière extrêmement forte.
Tout d’abord, il est essentiel de remarquer que l’auteur de la plainte n’identifie, ici, pas une personne unique mais plutôt un groupe. Bien qu’un groupe pouvant être formé d’une seule personne, il faut voir cet élément comme un indice, et une première lecture du texte nous conforte dans notre idée. En effet, si le style d’écriture peut varier en fonction des thématiques abordées, nous pouvons tout de même différencier deux styles distincts ; on peut supposer que ladite plainte a été écrite par deux personnes. La thèse de la multiplicité des auteurs est d’ailleurs renforcée par les premières lignes de la plainte : “tous les membres de notre association nouvellement formée”.
Ici, les auteurs commencent par évoquer la “vaste diversité d’outils que la communauté nous a fournis afin d’aspirer à une condition humaine”. On remarque qu’ils semblent louer leurs prédécesseurs sur Terre, qui ont su développer des outils propres à les aider dans leur quête de la vie. Pourtant, la phrase reste ambiguë, car “la condition humaine” a un sens très large. Une précision sur la nature de ces outils est apportée dans la phrase d’après, avec une rupture ferme envers la première phrase, marquée par l’adverbe à valeur d’opposition “CEPENDANT”, souligné par l’usage des majuscules, tout de suite suivi d’une louange au site jemeplains.com, comme l’indiquent d’une part le nom mélioratif “quintessence”, qui montre que malgré la multitude d’outils déjà créés, celui-ci atteint de nouveaux sommets, et d’autre part la comparaison aux spaghettis bolognaises. En effet, le plat est considéré comme un mets d’exception, comme le marquent les adjectifs mélioratifs “divin” et “onctueux”. La dernière phrase du paragraphe, “Je ne voudrais pas m’écarter et divaguer sur la répartition optimale des richesses à laquelle une communauté devrait aspirer” a une double valeur. D’un côté, elle remarque la divagation des pâtes bolognaises, tout en s’excusant, mais surtout en le faisant remarquer au lecteur, ce qui a pour effet de montrer l’importance qu’ils portent à ce plat et, par effet de bord, de rendre gloire à jemeplains.com. D’un autre côté, la phrase annonce une thématique qui reviendra plus tard dans le texte : la thématique du communisme : “la répartition optimale des richesses à laquelle une communauté devrait aspirer” nous montre clairement que la société devrait tendre vers le système communiste du partage de tout.
Malgré la tentative de recadrement du sujet, le deuxième paragraphe du texte repart tout de suite sur les bolognaises, ce qui, comme dit précédemment, contribue à insister sur l’importance de celles-ci et du site de dépôt de plaintes. En effet, nous pouvons remarquer deux nouveaux mots : “génie” et “exquise”. Nous pouvons également relever le parallélisme de construction entre les deux premiers paragraphes, avec ici un nouveau mot marqué par l’usage de majuscules, “DEVONS”, qui a, à l’instar de “CEPENDANT”, une valeur d’opposition. La “communauté spaghetti bolognaise” marque un nouveau tournant dans l’intérêt que portent les auteurs aux spaghettis : de simple passion, elle devient presque un objet de culte. La phrase d’après vient contraster avec la louange des bolognaises, en attaquant directement les spaghetti carbonara : la métaphore des “indigènes” d’abord est là une marque du mépris que portent les auteurs sur le plat, et suggère que celui-ci est extrêmement peu développé et primaire. Le mot-valise à valeur de dysphémisme “carbonachiasses” marque une gradation : d’un plat peu développé, on passe à un plat qui rend malade. Les auteurs y voient quelque chose d’indignant ; ils réfutent le fait de mélanger les pâtes, à base de “blé sacré”, aux autres ingrédients de la sauce, en reprochant l’absence de légumes à travers la paraphrase “dont la concentration en vitamine c laisse à désirer”. L’énumération continue : après la simple maladie, en mangeant des pâtes carbonara, on risque l‘“AVC”. Dans la suite du texte, les auteurs décrivent une partie d’échecs. Le jeu est associé à un jeu “communiste”, nous retrouvons donc bien ici une nouvelle référence au bord politique. Tout d’abord, la comparaison “telle la rage d’un sucrivore sauvage” fait référence à une personne particulièrement addict au sucre, connaissance des auteurs, qui peut s’emporter de manière “sauvage”. Cela dénote donc d’une partie extrêmement compliquée, mais cette pression est rompue par l’antiphrase qui suit : “la règle du pat fut mise en application”. Par la suite, les auteurs commencent par décrire, ou plutôt ne pas décrire, le “soulagement” de la partie nulle, qui intervient après la partie qui n’est plus “tendue”, mais qui était en réalité une mise en déroute du joueur qui nous parle ici. Cependant, la dernière phrase de ce texte vient contraster avec ça, en affirmant que la partie nulle est malgré tout “amère”, et renoue avec la discussion sur les carbonara en venant comparer celle-ci à “l’amertume des pâtes”. Les auteurs passent donc un long moment à préparer leur contre-attaque sur les carbonara, ce qui vient renforcer leur haine de celles-ci vis-à-vis des bolognaises. Enfin, les auteurs, lorsqu’ils décrivent le sacrilège du mélange de la sainte farine avec les autres ingrédients, précisent que c’est fait “sans la moindre once de pitié”, et ajoutent la description de l‘“once”, qui est ici une unité de mesure, en prenant comme exemple une cartouche “Fier balle classic”. Déjà, les auteurs cherchent à ajouter de l’humour à leur tirade sur l’aberration que sont pour eux les carbonara, un humour qui est peu remarqué au vu de la puissance de leur haine. Mais ce n’est pas tout, ici, ils précisent également avec la métaphore de la balle que l‘“once de pitié” dont ils parlent est une once non seulement légère, mais aussi très rapide, éphémère. Ils insinuent donc que ceux qui font des carbonara ne sont pas capables de la moindre pitié, même extrêmement légère et passagère.
La thématique du lien entre le pat et les pâtes, développée à la fin du deuxième paragraphe, est reprise pour instancier le troisième paragraphe. Les auteurs prennent ce lien comme exemple, un exemple “lié au langage”, pour montrer que cet exemple est “ancré dans la matière neuronale de chaque locuteur de la langue”. Ici encore, c’est une double énonciation. Cela permet non seulement d’affirmer que la haine des carbonara est terrée chez chacun d’entre nous, même si nous ne le savons pas encore, mais également de soutenir la thèse abordée ultérieurement, en précisant que la langue est “ancrée dans la matière neuronale”. Car, comme le montrent ceux qui ont écrit ces quelques lignes, la langue “s’est imposée”, et est irremplaçable. Malgré tout, ils en viennent à leur idée finale, en prolongeant un parallélisme de construction avec le premier paragraphe : de nouveau, on retrouve une construction avec un adverbe à valeur d’opposition, “Mais”. Après avoir dit que la langue était irremplaçable, ils se permettent de préciser que certains aspects sont quand même critiquables, avec comme exemple la dystopie 1984, écrite par George Orwell en 1949. Le choix de la métaphore “un livre portant comme nom l’année de naissance du 2ème fils de Donald Trump” est une critique du régime américain, en comparant la dictature de l’œuvre de George Orwell aux idées politiques du président actuel des États-Unis.
Après ces deux paragraphes et demi de divagations, les auteurs proposent de nouveau de se recentrer, avec “Cessons de nous perdre et revenons en aux faits”. Cependant, encore une fois, ce n’est que l’annonce d’une nouvelle série de divagations qui emmènent de plus en plus loin du sujet. Dans la suite de la phrase, nous retrouvons plusieurs mots provenant d’un registre soutenu, dans une tonalité presque médiévale : “ce fut il y a fort longtemps”, “terre sacrée”, “ne sera point divulgué”. Cependant, la chute “pour cause de copyright” vient rompre avec le reste de la phrase, en proposant un mot beaucoup plus moderne, qui coupe complètement avec l’atmosphère que le début de la phrase avait installée. L’histoire qui suit commence à un moment très lointain, comme l’indique “il n’y avait rien”. Mais très vite le contexte évolue : “il fut”. Or, ce qui arrive en premier, ici, est une nouvelle chute : en effet “il fut que de la carbonara”. Mais, comme nous l’avons analysé plus tôt, les auteurs détestent la carbonara, les personnages tentent donc de “revenir en arrière”. “Pour réétablir l’ordre dans la galaxie” est une hyperbole qui signifie bien l’horreur, pour les personnages, de vivre dans un monde où seule la carbonara existe. Nous pouvons relever la métaphore du bug : “un insecte se glissa dans la machine”. L’utilisation de cette figure de style est un indice pour nous faire comprendre que les événements se déroulent bien avant l’utilisation du mot “bug” dans ce contexte, bien avant l’invention, donc, des ordinateurs. Dans la suite du texte, l’absurde prend le dessus : en effet, on retrouve, après l’évolution de “rien” vers la “carbonara”, une régression : le “jambon” redevient “cochon”, le “cochon”, lui, devient “le rose”. Ici, la machine ne fait pas qu’un retour dans le temps, c’est aussi une forte régression, les choses mêmes perdent leur unicité. On retrouve également un mélange de multiples registres différents : militaire, gastronomique, scientifique…
Dans le court paragraphe suivant, les auteurs promettent la compréhension du texte passé, disponible dans un seul livre, mais l’utilisation ici d’une blague comme référence du lien insiste sur la dimension humoristique et risible de l’existence d’un tel livre simplifiant tant la compréhension de l’événement passé, d’une complexité qui ne saurait être décrite en quelques volumes.
Cependant, malgré la complexité du paragraphe expliquant la guerre du général glucide, Mr. White est “épaté”, les auteurs lui font même dire que “personne n’avait fait de si belle analyse depuis fort longtemps”. Les auteurs continuent alors leur description de Mr. White, afin de préparer la transition vers la suite du paragraphe : ceux-ci commencent par ajouter du contexte, en signalant par le néologisme “prime” que sa carrière avait atteint son point culminant. Le néologisme est ici volontaire, et dans le paragraphe nous pouvons en outre observer un dialogue enchâssé dans le récit, avec “comme disent les jeunes”, la réponse “attends les jeunes disent vraiment ça?” et “oui je crois bien qu’ils disent ça”. L’objectif, là, est de détourner l’attention du lecteur de la longue description et du contexte, jugé ennuyeux, qui est fait. En effet, pendant le dialogue, une introduction se déroule pour permettre le questionnement sur le café, “qui ne se refuse pas”. Et c’est ici un moyen d’amorcer les premiers débats philosophiques, avec d’abord “sa compréhension était peut être distordue par sa façon même d’être”, les auteurs nous suggèrent que la compréhension n’est jamais universelle, mais relative à chacun. De plus, ils nous préparent au départ de Mr. White, un personnage peu important, comme le montre la paraphrase “non-comprenteur”. L’usage de la paraphrase est éclairé juste après : “d’idiot pour la faire courte”, l’explication de quelque chose d’évident sert à insister sur l’idiotie du personnage. La portée du débat philosophique est un peu prolongée, le personnage est invité, malgré son ignorance, à chercher “ce qui n’allait pas dans les choses”, mais aussi “en dehors” ; ici, les auteurs veulent nous dire que les problèmes ne viennent pas forcément de l’intérieur des choses. Ces premières ébauches de débats philosophiques sont interrompues par “fatigué de toute cette journée” ; dans cet extrait, l’adjectif démonstratif “cette” ne fait pas référence à la journée de Mr. White, qui n’est pas décrite, mais plutôt à cette ébauche de débat. Celui-ci est déjà interrompu, explicitement à cause de sa bêtise, mais implicitement parce que ce n’est qu’un échauffement, pour laisser le lecteur respirer. Malgré cette invitation, les auteurs ne peuvent pas s’empêcher de glisser un dernier élément autour des “laves-tasses”. Ils nous rappellent que nous ne savons pas tout ce qui existe, et, plus implicitement, de manière détournée, que tout ce que nous savons n’existe pas forcément. Enfin, le début de la dernière phrase : “Son livre ouvert, il était en paix, et pût se reposer” sert à marquer le contraste avec la chute permettant de clore la section : “mais il ne le fit pas pour marquer son décalage vis à vis des normes sociales de son temps”.
Dans les quelques lignes qui suivent, les auteurs introduisent un nouveau personnage, Léon 4, qui se retrouve dans un examen, avec un sujet de “disprosation”. Nous pouvons décomposer ce mot, et en tirer les deux parties utiles : “dis-”, préfixe qui signifie la rupture, l’absence, et “prose” ; un sujet de disprosation est donc un sujet dans lequel nous ne devons pas faire de prose. Cela semble simple, mais “il ne devait pas écrire un prose” vient s’opposer à la lecture évidente du titre de l’exercice, et c’est cette opposition qui nous permet de comprendre l’envergure du sujet, et plus largement, de comprendre que c’est un sujet de philosophie. Léon 4 est donc ici introduit pour participer, ultérieurement, au débat philosophique commencé par Mr. White.
L’ensemble des 5 paragraphes suivants ont la spécificité d’être écrits entre parenthèses. Ceux-ci commencent par une simple affirmation, une réponse à une question muette du lecteur : celui qui écrit ce passage nous affirme que celui “qui écrit ces parenthèses” n’est pas le “même individu que celui qui ne les écrits pas”. La partie intéressante est ici la fin de la phrase, entre crochets, qui suit : “mais cette phrase n’a pas forcémernt vocation à être prise au sens littéral du terme”. La présence, dans cet extrait, des crochets, est révélatrice, car elle symbolise l’entrée dans le dialogue d’un nouveau personnage. Cependant, une brève analyse du passage nous révèle qu’une unique personne, parmi les deux auteurs, est responsable de ce passage. On peut alors en déduire dans un premier temps que cette personne est victime d’hallucinations auditives. Cette théorie est renforcée par l’invitation à ne pas prendre “au sens littéral” l’affirmation du début. Cependant, la part de l’auteur qui écrit en premier ne semble pas penser ça, et se questionne : “mais qui est cet individu qui ajoute des crochets dans mes parenthèses, nous serions donc 3 à écrire?”. Cela achève de prouver que le deuxième auteur de la plainte n’y est pour rien, car 1 + 1 + 1 (immaginaire) = 3. On pourrait alors penser qu’une part de l’auteur sait, comprend qu’ils sont un. Cependant, cette partie ne comprend en réalité pas plus : elle confirme “nous sommes […] trois” mais ne trouve pas d’explication “je ne surais expliquer pourquoi”, et trouve comme meilleur argument un proverbe. Mais peut-être est-ce quelque chose de récurrent chez l’auteur, car celui-ci ignore très vite, et tente de se recentrer sur le débat : “je suis tout autant sidéré que vous, mais pouvons nous revenir à Léaon 4?”. Sa désinvolture est non seulement soulignée par l’absence de majuscule en début de phrase, mais aussi par le fait que le seul élément qui annoncerait de la surprise est le verbe “sidéré” ; or celui-ci est tout de suite suivi de l’invitation à poursuivre, comme si ce n’était qu’un élément parmi tant d’autres. Une troisième personne, à travers l’usage des accolades, vient alors se joindre au débat, comme si le grain de folie dans l’esprit de l’auteur refusait de s’arrêter là. Cette partie, en effet, refuse de se recentrer sur le sujet. On peut d’ailleurs supposer que toutes les précédentes tentatives de recentrements, tentatives qui ont été contrées, ont pu être ignorées par cette même part d’ombre dans le subconscient de l’écrivain. Cela est renforcé par la phrase affirmative “malheureusement non…”. Cependant, c’est une opinion à contre-balancer par l’usage de l’adverbe modal à valeur négative “malheureusement” ainsi que des points de suspension qui laissent transparaître une forme de dépit. En premier, la deuxième partie de l’auteur exprime, enfin, sa surprise, via l’interjection “AH”, affublée de majuscules et d’un signe de ponctuation exclamatif. La partie principale réagit enfin, “MON DIEU!”, et sa deuxième partie vient naturellement répondre : “QUI EST CETTE PERSONNE?”. Seule la dernière partie reste calme, un calme tranquille ; la majuscule en début de phrase revient : “Je suis un quatrième individu, M.Crochet”. Malgré tout, le personnage n’est pas si tranquille, ou alors l’intranquillité des deux autres l’influence, parce qu’il semble confondre accolades et crochets. Il est sûr de s’appeler Mr. Crochet, et entreprend de décrire à quel point il est meilleur que lui “j’ai beaucoup plus de charisme que lui”, alors que, de toute évidence, sa parole est signalée par des accolades. Nous pouvons ajouter que sa tranquillité d’esprit cache un objectif bien moins noble : “je suis uniquement ici pour mettre en déroute votre supposition comme quoi vous seriez 3” nous indique déjà que cette part d’esprit veut nuire aux deux autres, mais aussi qu’elle ne s’identifie pas à eux, à cause du pronom personnel “vous”. Mais cet objectif ne semble pas intimider la part principale, qui devait avoir peur de bien pire, puisqu’elle rétorque “c’est tout?”. Surprise, la troisième part se contente d’une locution affirmative, et la réponse finale de la deuxième part, qui semble finir naturellement les phrases de la première part depuis l’arrivée de la troisième, vient clore la section. Il est néanmoins important de remarquer que si les crochets et les accolades s’invitent dans les parenthèses, aucune autre invitation n’est faite : les parenthèses ne s’invitent chez personne et les autres formes restent uniquement chez les parenthèses. Pour finir, la phrase de conclusion semble confirmer la théorie de la multiplicité de personnes dans l’esprit de l’auteur, ici assimilié à un “artiste”, avec “l’artiste, qui exprime ses différentes personnalités au travers de son œuvre”
Le paragraphe qui suit semble introduire un nouveau personnage, “Mr.Gray”. Cependant, la proposition subordonnée “bien que le temps ait terni son image” nous révèle, au détour d’un jeu de mots, que ce n’est autre que Mr. White, que le temps a “terni”, pour qu’il devienne gris. Pourtant, peu de temps a passé depuis la première référence à Mr. White dans le texte : dans cet extrait, le temps n’est pas à prendre au sens littéral, mais représente le chemin qu’a parcouru le personnage dans son estime de soi, et surtout dans la compréhension des objets et du monde. Mais ce chemin est mis en contraste par les auteurs, qui précisent “qu’il n’en était pas moins capable de distinguer les éléments pathétiques de ceux qui inspirent réellement l’exceptionnel”. Avec cette phrase, on peut s’imaginer que Mr. White en est resté là où nous l’avons quitté, et qu’il n’est toujours qu’un sot. Mais sa progression a bien été réalisée, parce que “le réel, c’était là l’affaire de Mr.Gray” et “il faisait maintenant partie d’un groupe d’experts sur le réel”. Plus encore, “son jugement faisait mouche là où celui des autres ne faisait que moucheron” : l’expression “faire mouche” est utilisée pour indiquer la réussite de sa compréhension, tandis que les autres experts n’y arrivent pas, et ont des résultats bien moins développés, d’où “moucheron”. Mais il ne faut pas oublier que le début du paragraphe nous rappelle son ineptie : il n’est donc pas un expert sur le réel parce qu’il est vraiment fort, mais plutôt parce que c’est un domaine dans lequel nous sommes – du point de vue des auteurs – tous mauvais, à un stade primaire. Ce stade primaire est confirmé par la question qui semble basique “Oui, mais avez vous essayé de vous énerver dessus?”. Cette question cache en réalité une dimension plus complexe, car “personne n’avait jamais […] réussi à répondre correctement” ; même si les connaissances semblent extrêmement peu avancées dans ce domaine, la question devrait trouver une solution, si elle était évidente. Il faut en réalité, pour y répondre, faire une introspection et réfléchir au sens même de l’énervement, et à son action sur la psyché et sur le corps, de telle sorte à comprendre de quelle façon cette colère peut aider à résoudre des problèmes complexes. Cette proposition d’analyse est bien entendu une version simplifiée à souhait, et pour réellement comprendre la question (et pas la réponse), il faudrait un livre d’une taille si conséquente qu’on ne pourrait insérer ici un résumé un tant soit peu complet. Malgré la difficulté – presque insoluble ! – de la question, Mr. Gray, peut-être à raison et peut-être par niaiserie, espère quand même que quelqu’un trouve la solution, comme le montre “un semblant d’espoir”. Cet espoir est ici important, car il sert, après une transition formée d’exemples d’espoir, à insérer une nouvelle louange au système communiste, à travers une critique du capitalisme. En effet, dans “un CAPITALISTE devant son ARGENT”, les majuscules dénotent d’une certaine colère dans la pensée des auteurs. Ensuite, nous avons “chose que personne ne lui permis” : sa question, ou plutôt sa manière de poser la question (“Il prenait les choses à revers”), est très mal reçue par ses confrères. Mais ce n’est qu’une nouvelle occasion de montrer l’idiotie de ce groupe d’experts, car malgré l’indignation que cela provoque, personne ne s’insurge : “mais que personne ne lui avait pas permis non plus”.
Ensuite, les auteurs utilisent Léon 4, précédemment introduit, pour le faire participer à la réflexion philosophique. En effet, on apprend que la question impossible, posée par Mr. White, est le sujet d’examen de Léon 4. Pour Léon 4, c’est une grosse difficulté, et malgré le fait qu‘“il avait révisé tout ce qui pouvait tomber ou ne pas tomber à l’examen”, “L’élève ne sut quoi répondre”. Cela montre encore une fois la dimension titanesque de la proposition d’une solution viable à pareille question, car même parler de la non-réponse est plus simple que répondre à la question. La citation de Socrate, “il cita Socrate”, n’est comme le découvre Mr. White, “qu’une illusion”, car Socrate n’ayant jamais laissé d’écrits derrière lui, ce ne sont que des paroles rapportées, transformées, probablement erronées. Cependant, Mr. White va beaucoup plus loin dans son analyse, et en tant qu‘“expert du réel”, il comprend que cette illusion est même une “illusion du gouvernement”, et que Léon 4 est un “pigeon”. Le fait d’avoir trompé même les lecteurs est un moyen détourné d’insister sur la complexité des débats philosophiques, et un moyen d’anticiper la complexité des débats à venir. Léon 4 est d’ailleurs bien un pigeon et s’envole par la fenêtre quand on y lance une miette de pain.
Dans les lignes consécutives, les auteurs se permettent de parler directement aux lecteurs, à travers un aparté, dans lequel ils admettent la dimension étrange de leur écrit, en utilisant le terme “part autant en cacahuète farcie”. Mais au moment où l’on pense qu’enfin, le sujet va se recentrer sur la plainte initiale, les parenthèses, la deuxième part de l’un des auteurs, se réinvite, et demande “on peut farcir des cacahuètes?”. Même si elle se reprend elle-même – “on avait dit stop les parenthèses!” – le mal est fait et cette part suffit de nouveau à faire dériver la plainte, car sa question interrompue est entendue et comprise par le lieutenant bolognaise, qui se demande, en plus, pourquoi “cacahuètes et pas carbonachiasse”. Nous rappelons que les carbonara sont vues par le lieutenant bolognaise, et plus largement par les auteurs, comme de la nourriture d’extrêmement mauvaise qualité, et nous pouvons donc supposer que ces auteurs pensent que ce qu’ils écrivent est mauvais. La dérive ne s’arrête pas là, puisqu’elle est continuée par un autre personnage, – comme précédemment, tout s’enchaîne sans s’arrêter – le professeur poêle à frire. Celui-ci, bien sûr, loin de tout arrêter là, va répondre à la question du lieutenant, en proposant l’idée que les cacahuètes et les carbonachiasses sont identiques. Dans un premier temps, le lieutenant ne va pas voir le lien, et va simplement chercher les différences visibles au premier coup d’œil entre les deux, en pointant le fait que la cacahuète est “petite, malicieuse et fourbe” et que la carbonachiasse est “imposante, baloudre et ne supporte pas sa propre idiotie”. Ainsi, les auteurs placent les deux aliments dans une position de mets immangeable, mais à une échelle différente : la cacahuète a l’intelligence d’être “malicieuse” ou “fourbe”, alors que la carbonachiasse “ne support pas sa propre idiotie”. Et cette position est empirée par la dernière phrase du professeur poêle à frire, qui remarque que les deux “font directement référence au champ lexical des excréments”. Malgré la réponse pourtant simplette apportée par le professeur, le lieutenant bolognaise “n’en revenait pas” : il prend cette parole comme une “révélation”. Dans la suite du texte, le professeur devient un “prophète”, et tout cela nous mène sur la voie : il faut comprendre que le “fracas” est ici assimilé à un coup de foudre ; en réalité, le lieutenant tombe littéralement amoureux de la poêle à frire, malgré la relative distance que leur impose leur relation. Et c’est non seulement pour cacher cet amour profond, mais aussi pour rappeler l’aspect relatif de la distance, qu’une tournure scientifique est employée pour désigner le mouvement. Le lieutenant trouve en effet que le mouvement du professeur est complètement différent du mouvement de n’importe qui d’autre, qu’il est unique. La description de l’once, cette fois, tente de faire rire à l’aide du comique de répétition, et tente donc de détourner l’attention du lecteur.
Le paragraphe suivant reste plus concret, pour laisser le temps aux lecteurs de se remettre de leurs émotions après la complexité de l’affirmation scientifique précédente. En effet, n’importe quel objet en mouvement implique une réaction – visible ou non – mais l’allusion à un désaccord avec les moucherons vient du fait qu’une raquette à mouches qui brûle un moucheron met ici fin à la réaction qui le rend vivant.
L’hypothèse de l’amour fou se voit presque confirmée par les prochaines lignes qui nous apprennent que le lieutenant bolognaise est tout “ébloui”, mais également que sa révélation est “presque fontenellienne”, qu’elle est donc non seulement assez scientifiquement inexacte mais aussi axée, de manière détournée, sur l’amour. C’est ensuite chargé de toute cette non-science et de tous ces sentiments, qu’il entreprend de “remetttre en question […] l’échelle des couleurs”. Il est aussi intéressant de noter que malgré sa haine presque radicale envers les cacahuètes, il leur confère tout de même une “nature sacrée”.
Nous avons par la suite un paragraphe complètement déconstruit, formé d’une très longue phrase et d’une courte interrogation. La première phrase est donc une demi-hypothèse : on suppose qu’il n’existe pas un plaisir à imaginer une dimension parallèle, mais si ce n’est pas un plaisir, qu’est-ce donc ? La réponse à cette question manque, la phrase est à demi-formée, et cela permet d’insister très fortement sur le fait que d’après les auteurs, ce ne serait que plaisir d’imaginer un monde différent. En effet, le monde actuel est décrit par une énumération au conditionnel de choses qui semblent, du point de vue des auteurs, très négatives. Au milieu de toutes ces reproches du monde actuel, on retrouve une courte séquence : “il n’existerait non pas un seul, mais cinquante M.Gray, chacun porteur d’une nuance différente”, qui une nouvelle fois vient décrire Mr. Gray comme une nuance de Mr. White, une évolution possible. Et dans la théorie de l’univers parallèle, Mr. White aurait pu évoluer en 50 choses complètement différentes, mais toujours liées, car une nuance n’est qu’une petite altération de la couleur. Et les auteurs se servent de cette multitude de possibilités, pour la seule personne de Mr. White, pour créer une comparaison avec le reste de l’espèce humaine, qui ne tente pas de changer, alors qu’elle le devrait. À travers ce personnage et ses évolutions possibles, les auteurs cherchent à nous faire comprendre que nous aussi, nous pouvons évoluer de mille manières différentes pour devenir le meilleur de nous-mêmes. Puis, le paragraphe, lourd philosophiquement, se clôt par une simple question rhétorique “Et surtout, pourquoi est-il petit ?”, pour insuffler de l’humour dans la longue tirade.
Pour aller à l’encontre de la difficulté de certains sujets philosophiques précédemment abordés, les auteurs nous proposent une version adaptée de Pirouette cacahuète, dans laquelle le personnage, autrefois anonyme, a un nom d’emprunt : “Eugène”. La blague “nous éviterons de donner son véritable nom pour des raisons logiques de confidentialité”, qui est évidemment de l’humour parce que le personnage initial n’a pas de vrai nom, participe à cette tentative de détendre le lecteur après la lourdeur mentale de ce qu’il a déjà lu. Les auteurs profitent de ce moment de détente pour se plaindre de la SNCF, en reprenant le cliché bien connu avec “le facteur suit le même planning que les trains SNCF et n’arrive donc jamais”. Pour mettre fin à cet épisode de détente, les auteurs se servent du fait que “Eugène” se casse le bout du nez : ils rappellent alors que le nez est une partie importante du visage, et qu’il participe à la taille ; Eugène, en perdant son nez, devient donc plus petit, ce qui fait directement référence au paragraphe précédent.
Après une ultime blague, “ce raisonnement, bien que solide et rigoureux”, les auteurs nous préparent à un nouveau problème philosophique, qu’ils qualifient de “problème commun à l’humanité toute entière”. Comme toutes leurs autres hyperboles, il s’agit là de voir l’introduction d’une nouvelle série de tergiversations qui nous écartent toujours plus du sujet. Les auteurs vont ici commencer par s’intéresser aux quartiers d’une pomme. Le point important dans ce paragraphe est de voir qu’ils font l’hypothèse qu’une pomme n’est pas toujours découpée en quartiers égaux, et plus précisément en “quart[s]”. Puis, ils s’intéressent à la ville, en se permettant le parallèle parce que “une ville […] possède des quartiers”. Cependant, sur la ville également, ils remarquent que les quartiers ne représentent pas des fractions égales de la ville, et se permettent d’ajouter une part d’humour, comme à leur habitude, en se moquant notamment de Sandro qui a le malheur, malgré son inscription en cours de spécialité mathématiques, de ne pas tout connaître des fractions. Ils proposent donc, dans une poussée philosophique extrêmement moderne et avancée, d’assimiler une pomme à une ville, mais ils finissent quand même par y renoncer et reconnaître l’absurdité de cette démarche : “La réponse est non.” La construction minimale de la phrase exprime justement l’impossibilité totale de s’imaginer ça. Cependant, ils voient en “Surnommée “la grosse pomme"" un moyen efficace d’assimiler la ville de New-York, cette fois à une pomme. Et comme ils ne manquent pas de le faire remarquer, la spécificité d’une pomme, par rapport à une ville, est son nombre de quartiers, fixés à 4. Puis, à l’aide d’une réification abusive, ils font des quartiers des pattes, et en usant d’une généralisation arbitraire, ils annoncent d’une part que ce qui possède quatre pattes est un animal, et que cet animal est toujours un chat. Ils concluent alors leur raisonnement en usant de ce qui a été précédemment prouvé, qu’une pomme n’est pas une ville, et que donc New York n’est pas une ville. Cependant, l’analyse de ce raisonnement doit faire appel à l’esprit critique, comme les auteurs l’attendent de nous, car l’usage disproportionné et inadapté du sophisme, ici, apporte une réfutation à la conjecture. Et les auteurs, pour nous inciter à vérifier par nous-mêmes, nous précisent bien que “ce n’est qu’une conjecture” et qu’elle “mérite d’être explorée, approfondie, démontrée […]”.
Ici, à l’inverse du reste de la plainte, les auteurs ne nous donnent pas de moment de détente après le lourd paradoxe qu’ils nous ont offert. À la place, ils enchaînent sur un problème d’une complexité nouvelle, en commençant par une affirmation mathématique : “tous les rationnels sont réels, mais tous les réels ne sont pas rationnels”. À la place du moment de détente, ils nous offrent l’unique blague “Comme tout le monde (sauf Sandro)”, qui une fois de plus se moque du niveau de Sandro dans le domaine complexe des mathématiques. L’affirmation passe alors par trois états différents : premièrement une incompréhension, causée par la soudaine arrivée de maths dans le texte de la plainte. Puis, une fois que le lecteur s’y accommode, cela devient “clair comme de l’eau de roche” ; le lecteur comprend parfaitement. Mais ça ne s’arrête pas là, car le lecteur, muni de ces nouveaux outils mathématiques, est maintenant en capacité de comprendre et de concevoir qu’une partie – irréductible – du réel est irrationnel : c’est ce que veulent nous pointer les auteurs lorsqu’ils nous disent “Cette phrase […] cache en réalité une vérité bien plus dérangeante”. Dans la phrase qui suit, ils confirment notre affirmation, mais vont plus loin que juste parler des nombres : ils osent aller jusqu’à dire que certaines choses existent, même si elles sont contraires à toute raison, et c’est à nouveau une parfaite occasion pour se moquer de leur cible préférée : Sandro. La thèse philosophique ne s’arrête pas là : ils prennent un exemple, l’information, pour continuer à développer cette thèse. Ils nous décrivent alors l’information, qu’ils voient comme quelque chose qui “n’existe que grâce à la différence”, et que, pour pointer cette différence, elle “doit également être différente”. Le choix d’utiliser l’information comme exemple peut être interprété comme un moyen, pour les auteurs, de mettre en valeur l’information, et plus précisément les outils d’informations comme les journaux, la radio ou la télévision, et ainsi critiquer les systèmes politiques où la libre expression n’est pas respectée. Ils ajoutent que, parce que l’information est différente, et qu’elle décrit la différence, une information peut en décrire une autre, une information de “rang supérieur n+1”. Mais ce qui, ici, est intéressant, c’est qu’ils écrivent que cette information de rang supérieur, cette information qui décrit de l’information, est bien plus “sérieuse” que l’autre, qui, elle, est dépeinte comme une information “de rang inférieur”. Ici, ils mettent sur un piédestal l’information qui parle d’information, et donc la critique de l’information, qui n’existe pas lorsqu’il y a de la censure. Or, eux-mêmes critiquent de ce fait de l’information, et se mettent donc dans la position de l’information supérieure “n+1” ; ils écrivent donc qu’ils sont eux-mêmes supérieurs aux autres. Mais, par la suite, ils écrivent qu’ils ne veulent pas “dériver” vers ce sujet, par modestie, ou, plus probablement, une fausse modestie. Et c’est le moment parfait, pour eux, d’ajouter leur habituelle touche d’humour, à l’aide de parenthèses, ce qui en fait l’opportunité pour eux d’en ajouter une deuxième. Dans les deux paragraphes qui suivent, nous pouvons remarquer que la tournure des phrases change : le verbe est placé systématiquement à la fin de chaque proposition, ce qui a pour effet de faire “parler” les auteurs à l’instar de maître Yoda dans la trilogie Star Wars. Ce choix de référence est ici à mettre en relation avec le sujet du débat philosophique : les auteurs reconnaissent qu’il est, comme Star Wars, imaginaire, et relève de la science-fiction. Ce débat est donc intéressant, mais à ne pas prendre au sérieux. Dans le paragraphe en lui-même, les auteurs nous décrivent cet enchaînement d’information comme séparé en deux catégories : soit circulaire (l’information A référence la B qui référence la C qui elle-même référence la A), soit en une quantité d’informations illimitée ; chaque information référence une autre information, sans boucle, à l’infini. Ils nous suggèrent donc que l’information, parfois, peut être illimitée, mais que parfois, elle tourne en rond : c’est une condamnation de certains journaux, qui s’accrochent aux mêmes sujets, alors qu’ils ont touché le fond depuis longtemps, et que d’autres sujets, inépuisables cette fois, restent à exploiter. C’est ce qu’ils nous confirment : “Dans les [2] cas, infiniment nous pourront remonter” (nous pourrons trouver des choses à dire à l’infini), “mais dans [1] seul, unique chaque élément pourra être” (ici le cas 2). Nous remarquons un élément intéressant : l’usage de mathématiques pour exprimer les nombres ; ‘2’ ici est remplacé par “1+1” et ‘1’ par “(1+1)-(1-1+1*-(-1+1-1))”. Une première interprétation pourrait être qu’ils ne veulent pas laisser des personnes peu informées lire leur texte, mais ce ne serait pas cohérent avec l’humour inséré à divers endroits pour permettre de détendre les lecteurs et donc de faciliter la lecture. Au contraire, ce sont plutôt les traces d’une tentative, de la part des auteurs, de rester accrochés, car le sujet, malgré le fait qu’ils en parlent avec une apparente facilité, devient trop compliqué à comprendre pour eux. Cette interprétation est renforcée par la confusion qui semble exister dans leur esprit, car ils ont oublié une paire de parenthèses, en exposant deux signes côte à côte (”*-”). Cet oubli, lié aux parenthèses manquantes, montre que parfois, quand la deuxième part de l’auteur manque, ça ne fonctionne plus ; cela insiste sur la violence du trouble dissociatif de la personnalité de l’un des auteurs. La dernière phrase du paragraphe est “Un exemple nous allons donner pour illustrer ces deux cas”. Ils prennent, dans ce double exemple, une lettre, qui peut être décrite par un nombre, elle-même par une couleur, et cette même couleur peut être décrite par un autre élément. Ici, nous sommes dans le cas numéro 2, mais il est également possible que la couleur soit représentée par un nombre, ce qui correspondrait à une information circulaire, et donc au cas numéro 1. Quelque chose d’intéressant à relever, est la présence, à nouveau, de mathématiques, pour exprimer les deux nombres présents. Mais les notions abordées deviennent de plus en plus compliquées : si au début, c’était une simple addition, le deuxième nombre ajoute les soustractions, le premier nombre de ce paragraphe utilise également la valeur absolue et les racines carrées, enfin le dernier nombre représenté utilise les nombres imaginaires. Cette gradation de difficulté de mathématiques est bien évidemment une séquelle de la difficulté grandissante de l’hypothèse philosophique, et montre que les auteurs sont à la traîne, alors qu’ils semblaient confiants.
Les cinq paragraphes qui suivent font intervenir de nouveaux personnages, ayant tous leurs noms formés avec le préfix “Alba-”, qui représentent de potentiels lecteurs. C’est tout d’abord Albapeu qui intervient et qui, malgré son nom qui suggère une certaine faiblesse d’esprit, étant formé du suffixe “-peu”, propose une évolution au précédent raisonnement : “l’information peut se référencer en quantité infinie de structures infinies”. Malgré l’idiotie que reflète le nom d’Albapeu, le lecteur est en réalité perspicace et parvient à suivre le raisonnement que les auteurs avaient lâchés. C’est donc un moyen pour eux d’avouer leur faiblesse, ils se trouvent ici plus que “peu”. Malgré l’intelligence qui transparaît d’Albapeu, deux autres personnages, avec qui présage d’une supériorité d’esprits, entrent en jeu : “Albatrès”, qui ajoute que “cette structure est elle même descriptible avec de l’information”, et “Albatros”, qui poursuit bien plus loin le raisonnement en prenant comme base une exception : “un élément qui n’est pas descriptible par de l’information”. Albatros, qui rappelle que “l’information c’est la différence”, propose qu’une chose, tout en restant elle-même, puisse être identique aux autres, alors que ceux-ci sont eux-mêmes différents. On remarque qu’ici, un est noté “1”, et plus avec une expression mathématique. L’autre part de l’un des auteurs, toujours représentée par des parenthèses, parle de nouveaux pour nous annoncer que c’est trop difficile de continuer à remplacer les nombres par des expressions. C’est ici une information essentielle : les auteurs abandonnent complètement le défi, s’avouent entièrement vaincu. Et c’est renforcé par le nouveau personnage, qui malgré son nom : “Albastupide”, est capable, bien qu’avec des lacunes, de suivre le débat. Les auteurs sont indirectement comparés à cette stupidité, et ils sont jugés encore plus bêtes qu’elle. Albastuide, en effet, suit bien le débat philosophique, mais ne conçoit malgré pas qu’un élément puisse être à la fois unique et identiques à plusieurs éléments différents, ce qui est marqué par “C’est un sens interdit”. Cependant, les auteurs avancent que “les lois peuvent être changées”, en donnant un exemple qui semble absurde : “Dans un moteur à combustion, les coccinelles ne rient pas, elles apprécient la douce chaleur de l’explosin de dinosaures décomposés”. Cette phrase cache en réalité un double sens : on peut d’abord l’analyser simplement. Ici, les “dinausaures décomposés” représentent le pétrole – en effet celui-ci est formé en partie de matière organique contenu dans les fossiles – et donc l’essence du moteur. D’une autre part, on peut l’analyser plus profondément : au milieu de cette réflexion philosophique, le “moteur à combustion” représente bien plus que ça. Ici, il est l’incarnation de la trajectoire que prend le monde géopolique moderne. Il représente le contexte sociopolique futur, la “douce chaleur” est une métaphore de la pression constante d’une potentielle future dictature, et les coccinelles, belles mais fragiles, sont les pions, manipulés par les forces politques pour contrôller le peuple. Les dinausores décomposés sont, dans ce texte, les restes de l’ancien système, les ultimes traces d’une liberté perdue, broyée par le “moteur”, “décomposés” par le temps. Ce n’est pa tout, le mot “explosin” est orthographié sans le “o”, ce qui est ici un détail important. En effet, le “o” semble être partit, ici il fuit l’explosion, il fuit donc le futur, déjà évoqué plus tôt dans le texte, il fuit l’inévitable, et si le “o” est le seul caractère à fuire le drame, c’est parce que dans tout le texte il a une valeur de prédiction, et cela montre la haine profonde que les auteurs portent contre le “o” pour lui donne tant de poids sur les épaules. La terrible nouvelle, inévitable, se répend dans le paragraphe d’après, avec l’évocation d’un pokémon : “coxyclaque”, qui a à nouveau un double-sens, car symbolise également la puissance de la parole précédente, dont on connaît enfin l’auteur : “Albaphilosophe”. Mais la folie ne s’arrête pas là, et dérive sur les connaissances, qui ne seraient limitées qu’à Canal +, prémice du contrôle mental effectué dans le futur hypothétique vu par la lettre “o” et par Albaphilosophe. Et le futur semble se rapprocher, car même cette information contrôllée commence à être refusée, avec “NON! QUI A DIT INFORMER? AU BÛCHER!”. Enfin, le dernier paragraphe achève le chapitre de chaos qui semble être destiné au monde, avec une gradation dans l’absurde : premièrement “Ne vous perdez point dans les méandre du grand camembert, car puant vous en ressortirez”, deuxièmement, les coccinelles s’exclament “Chatpristi”, troisièmement une longue phrase formée de divers verlangues. Tout semble s’arrêter avec l’expression “tomba comme une tombe”, mais cela ne sert que de tremplin pour mieux rebondir, grâce à l’interjection “Ha” de la tombe, suivie par Albastupide qui enchaîne avec “b”. Ici c’est un déroulé de l’alphabet qui se prépare, et celui-ci est d’ailleurs cité, affublé du suffixe “-bête” qui signifie le mépris des auteurs pour ce jeu, malgré le – ou surtout au vu du – contexte. Enfin, le paragraphe de folie se clos sur “le siège des gogols en personne, qui disait “Hoho, Alerte aux gogols les enfants"", qui est ici une manière de finir avec une introspection, qui mène les auteurs à, encore une fois, s’auto-critiquer et se moquer de leur propre intelligence.